Prédication du 17 mai 2026.

En qui te confies

En qui te confies-tu?

Dès les premières pages de l’Écriture, Dieu est un Dieu qui appelle les hommes et les femmes à avancer. Au-delà du familier auquel on s’est habitué, au-delà du sûr que nous recherchons systématiquement par sécurité, au-delà du visible où on a de la peine à se projeter, la vie de foi chrétienne n’a jamais été une vie immobile. Elle a toujours été un mouvement, un mouvement sacré, car tout ce que touche la main d’un saint devient sacré. La vie par la foi est guidée non par la vue, ni par d’autres sens mais par la confiance en Dieu malgré la peur que l’on éprouve, liée à l’inconnu, à l’incertitude.

Sais-tu que de grands hommes de la Bible ont aussi connu la peur? Parmi eux se trouvent Abra(ha)m, Moïse, David, Elie, Jonas, l’apôtre Paul, ainsi que les disciples du Seigneur Jésus comme Pierre. Cette réalité résonne en nous, parce qu’au fond, nous savons que la vie n’est pas faite pour être vécue uniquement dans les limites du confort et de la certitude (de l’œuf au poussin, l’inconfort pour la progression). C’est la loi de l’existence. La Parole nous apprend par ces exemples comment nous comporter face à la peur de l’inconnu (qui bloque les enfants de Dieu et les confines dans des limites étroites). Lisons quelques passages

*Genèse 12 v1 : Le Seigneur dit à Abra(ha)m :

« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai»

* « Par la foi, Abraham obéit quand Dieu l’appela : il partit pour un pays que Dieu allait lui donner en possession. Il partit sans savoir où il allait. » Hébreux 11v8

1- Appel qui nous sort de notre confort, commençons avec Abraham.

«L’Eternel dit à Abraham : Va, quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père pour te rendre dans le pays que je t’indiquerai » Genèse 12v1
La Parole nous dit qu’il fut appelé à quitter son pays, sa famille (sa parenté) et la maison de son père. Tout ce qui définissait son identité — sa culture, sa sécurité, son sentiment d’appartenance — il l’a laissé
tout derrière lui, à la voix de Dieu. Il n’a pas reçu d’itinéraire détaillé. Aucun calendrier, aucune garantie de facilité ou de réussite. Seulement une promesse : « Je te montrerai. » C’est souvent ainsi que Dieu agit. Dieu est avec nous lorsque nous serrons ses promesses sur notre cœur. Ici, l’accent est mis sur « quitter » et  « va » qui sont des verbes d’action. C’est dire que chaque enfant de Dieu est appelé à être en mouvement. Être disposé à marcher. Marcher, c’est être en mouvement, d’abord un mouvement intérieur. Un élan du cœur vers tout ce que dit Dieu.

Voyez-vous, Dieu nous appelle souvent dans un chemin où le premier pas doit être fait dans la confiance, non dans la certitude. Car de nature, l’être humain n’est prompt à s’orienter que dans la certitude, dans ce que l’on sait, ce que l’on maîtrise.

La grandeur d’Abraham n’était pas dans sa force, mais dans sa disponibilité c’est-à-dire ‘avoir une attitude ouverte et réceptive’ à la voix de Dieu. Et il partit. Il est parti vers l’inconnu. Et cela nous interpelle: qu’est-ce que Dieu nous demande de laisser derrière nous ? Pas forcément physiquement, mais spirituellement : un passé dont on n’a pas su surpasser et dépasser, un confort, des habitudes dans lesquelles on a pris nos aises, une phobie qui paralyse nos initiatives, une frayeur (face aux Goliath de notre existence) voire simplement ce que chacun considère comme son identité. Tout ce qui nous empêche d’entrer dans ce que Dieu a préparé ?

Car pour aller là où nul n’est allé, on ne peut pas rester là où tout le monde demeure. Pour faire ce que tu n’as pas osé faire jusqu’aujourd’hui, il te revient de changer de mentalité et de passer à l’action. Pour cela il faut se débarrasser de notre ancienne mentalité. Le désert apparaît le moyen par excellence  de pédagogie divine: «  C’est pourquoi je veux l’attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur. » Osée 2v16. On en vient

2- Le désert, lieu de formation : Moïse et au peuple d’Israël

Pensons à Moïse et au peuple d’Israël. Ils furent délivrés d’Égypte, mais la liberté ne les a pas conduits immédiatement à Canaan, la terre promise. Après leur sortie d’Egypte (formatés par les mentalités païennes) ils étaient conduits dans le désert. Et le désert est inconfortable car le désert enlève nos illusions de contrôle. Le désert nous dépouille de nos forces, nous rend faibles pour que nous puissions dépendre que de Dieu. Par ailleurs si Dieu se sert du désert pour nous dépouiller de nos propres ressources, Il trouve dans le désert l’endroit propice pour former son peuple. C’est aussi là que la manne apparaît chaque jour — juste assez pour aujourd’hui. C’est aussi là que l’eau jaillit du rocher — un endroit improbable pour recueillir de l’eau,

C’est là que la présence de Dieu est visible — dans la nuée le jour et le feu la nuit.

En fait, le désert enseigne simplement une vérité essentielle : lorsque nous allons au-delà de ce que nous connaissons, nous commençons à dépendre de ce que Dieu est. Trop souvent, nous évitons le désert par peur de l’instabilité, par peur de l’inconfort. Mais parfois, l’endroit même que nous fuyons est justement celui où Dieu veut nous transformer.

Aller avec Dieu ne signifie pas éviter les difficultés — cela signifie lui faire confiance à travers elles. Les difficultés vont souffler sur notre vie des vents contraires pour nous faire peur, pour nous intimider.

3- Sortir de ta barque : Pierre

*Matthieu 14v26 : « Mais aussitôt Jésus leur parla : « Courage, leur dit-il. C’est moi, n’ayez pas peur ! » Pierre prit alors la parole et lui dit : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne que j’aille vers toi sur l’eau. » – « Viens » répondit Jésus. Pierre sortit de la barque et se mit à marcher sur l’eau pour aller à Jésus. »

Ici il est fait allusion à l’autorité du croyant sur les forces d’opposition, les obstacles provoqués par l’adversaire. Les vents contraires, les vagues qui tentent d’engloutir les disciples sont provoqués par le diable. Mais nous avons le pouvoir de les dominer lorsque nous sommes en marche au nom du Christ.(Luc 10v19)

Et combien de fois restons-nous dans nos ‘barques’ ? Des routines sûres ? Une foi prévisible ? Des environnements contrôlés où nous ne risquons rien pour Dieu. Sachez qu’une foi qui se dit chrétienne et qui ne prend jamais de risque ne grandit jamais. Au mépris du danger, avancer vers l’inconnu, c’est souvent sortir alors même que la tempête fait rage. Le paresseux déclare : « Il y a un lion dehors. Je pourrais être tué en pleine rue ! » Proverbes 22v13. La sentence prévient contre les arguments fallacieux du paresseux, qui prétend qu’un lion le guette pour se dispenser de sortir

Osons sortir de nos barques de routine et de confort, Dieu nous convie à une grande aventure où chaque vague, au lieu de nous abattre, nous mène vers un destin merveilleux. Embrassons alors, au lieu de l’appréhension paralysante.

4- L’Eglise du Christ, peuple missionnaire : Faites de toutes les nations de disciples

Parce que l’Évangile est un message en mouvement. Il ne doit pas reste enfermé. Par chacun de nous, il doit aller vers l’extérieur — vers les marges, vers les oubliés, vers les endroits où personne ne veut aller.

Si l’Église devient seulement un lieu de conservation — gardant ce qui a été — elle risque de perdre son appel à participer à ce que Dieu fait aujourd’hui. Aller avec audace aujourd’hui peut signifier :

Rejoindre les abandonnés

Franchir des barrières sociales, culturelles ou générationnelles

Vivre l’Évangile non seulement en paroles, mais en amour radical Nous ne sommes pas appelés seulement à nous souvenir des œuvres de Dieu — nous sommes appelés à y participer.

Engager des conversations difficiles avec grâce et vérité. Et pour cela il faut vaincre la peur

5- Vaincre la lutte intérieure : Peur et foi. « Car l’Esprit que Dieu nous a donné ne nous rend pas timides ; au contraire, cet Esprit nous remplit de force, d’amour et de maîtrise de soi. » 2Tim1v7

En effet, l’annonce de l’Évangile va rencontrer l’adversité. Car la puissance de Dieu s’est manifestée dans la faiblesse du crucifié et elle continuera à se manifester dans la faiblesse de ses envoyés que nous sommes. Le courage chrétien n’est pas l’absence de peur — c’est choisir de faire confiance à Dieu plus qu’à la peur

6- Cette présence qui nous précède

Voici le cœur du message : Nous ne sommes jamais appelés à aller seuls. Quand les disciples ont été envoyés, Christ a promis : « Je suis avec vous tous les jours. » L’inconnu n’est pas vide — il est habité par Dieu.

Là où nous n’avons jamais été, Dieu est déjà présent. Et cela change tout. Nous n’entrons pas seuls dans l’incertitude — nous entrons dans un avenir déjà tenu par un Dieu fidèle.

7- Invitation à collaborer

Dieu ne nous force pas — il nous invite. « Viens. » « Suis-moi. » « Va. » Ce ne sont pas des ordres lancés de loin — ce sont des invitations d’un Dieu qui marche avec son peuple. Et le choix nous appartient. Nous pouvons rester dans le connu, le sûr, le prévisible. Ou avancer — vers une vie façonnée par la foi, guidée par Dieu, remplie d’un sens qui dépasse le nôtre.

Conclusion.

En réponse à l’appel divin portons nos regards vers l’extérieur pour ramener à la bergerie des brebis perdues et égarées

C’est faire confiance à Dieu au point d’avancer quand il parle. C’est croire que ses promesses sont plus grandes que nos peurs. C’est entrer dans l’inconnu en sachant que Christ nous y précède. Alors ne laisse pas la peur définir tes limites. Ne laisse pas le confort restreindre ton appel. Ne laisse pas l’incertitude étouffer ton obéissance. Mais fixe tes yeux sur le Christ. Et lorsqu’il dit : « Viens » — va.

Prions !

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