Prédication du 26 avril 2026.

Prédication apportée par le pasteur Charles Nicolas.

#20260426–UneAncreDel’Ame-Ch.N.

 

Une ancre de l’âme

1 Corinthiens 13.13 ; Hébreux 11.8-10 ; 12.1-2 ; 6.19

En 2035, il y aura 1,6 million d’enfants scolarisés en moins dans l’enseignement secondaire en France. Dès aujourd’hui, s’il n’y avait pas l’apport de l’immigration, la population de notre pays serait en baisse. J’entends dire que la Corée du Sud commence à ressembler à une grande Maison de retraite…

On a interviewé une jeune chinoise ; elle dit : Je n’ai pas le courage d’avoir des enfants. Je veux profiter de la vie. Cette réponse exprime bien le sentiment de doute d’une grande partie de la jeune génération. Les conséquences seront très importantes. L’anxiété, les addictions, la violence font partie de ces conséquences…

Nous ne sommes pas des sociologues, mais nous devons observer le monde dans lequel nous vivons1. Vous savez en quel temps nous sommes, écrit Paul (Ro 13.11).

1. Trois choses demeurent

Vous connaissez le cantique qui s’appelle Mon ancre et ma voile. La voile, c’est la foi ; l’ancre, c’est l’espérance. Tant qu’il fait beau, tant que c’est facile, la foi suffit. Mais quand c’est plus difficile, l’espérance est nécessaire. J’utilise une autre image : l’espérance, c’est le 4×4 de la foi.

Quand l’apôtre Paul écrit que 3 choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour (1 Co 13.13), il communique deux informations capitales :

1. la foi ne suffit pas, il faut aussi l’espérance !

2. si la foi et l’espérance manquent, l’amour manquera aussi, parce que les 3 vont ensemble. En réalité, ils sont indissociables.

> Si je tiens la foi dans ma main gauche et l’espérance dans ma main droite,

L’amour sera comme un diadème sur mon front.

C’est par la foi que nous sommes sauvés. Mais être sauvé, ce n’est pas tout ! Il faut aussi avancer, grandir, persévérer. La vie chrétienne, ce n’est pas seulement des moments : l’heure de culte, la louange et le repas fraternel ! C’est aussi une marche de tous les jours, toute la vie, dans des circonstances qui ne sont pas toujours favorables2.

La foi est importante ! Mais pour persévérer quand c’est difficile, pour franchir des obstacles, l’espérance est indispensable.

Quand Sara a perdu l’espérance concernant le fils promis (c’est-à-dire Isaac), sa foi s’est perdue et elle a demandé à Abraham d’aller vers sa servante ; et c’est Ismaël qui est né…

Quand, dans le désert, les Israélites ont perdu de vue la terre promise – c’est-à-dire quand leur espérance a flanché, alors leur foi a vacillé : ils ont commencé à douter et à murmurer et ils se sont construit une idole pour l’adorer.

Nous vivons dans une société sans espérance et sans Dieu, pour reprendre une expression de Paul (Ep 2.12). Une des conséquences, c’est que les hommes s’inscrivent dans ce qu’on appelle  »le temps court ». Le temps court, c’est la lune de miel, c’est la recherche du plaisir sans lendemain. Le temps court, c’est le règne de l’émotion, du ressenti ; c’est aussi la colère, la violence. Le temps court, c’est la consommation, ce qu’exprime le fameux slogan : Mangeons et buvons car demain nous mourrons (1 Co 15.32). Le temps court, c’est la politique du pouvoir d’achat… C’est la philosophie de la jeune chinoise : Je n’ai pas le courage d’avoir des enfants, je veux profiter de la vie.

La vie chrétienne, elle, s’inscrit dans  »le temps long » : depuis Abraham jusqu’au retour du Seigneur, nous sommes environnés d’une longue nuée de témoins !

Ce qui leur a permis de persévérer, c’est la foi, mais c’est aussi l’espérance.

L’Espérance nous relie aujourd’hui à notre avenir avec Dieu3.

2. L’espérance et la foi

L’Espérance est proche de la Foi (Hé 11.1). Il y a une différence, cependant :

* La Foi se conjugue au présent. Dieu appelle Abraham. Abraham se lève et s’en va. C’est la Foi. Jésus dit : Mes brebis écoutent ma voix et elles me suivent (v. 27). C’est la foi. Les verbes sont au présent.

* L’Espérance, c’est la certitude des choses promises, des réalités encore à venir. Dieu dit à Abraham : Regarde les étoiles du ciel et compte-les si tu le peux. Telle sera ta postérité (Gn 15.5 ; cf. 21.17). Le verbe est au futur. Abraham est mort sans voir sa postérité ; mais ces choses ont été devant lui comme un horizon certain vers lequel il s’est dirigé, y compris quand les circonstances étaient contraires4 : il était âgé, sa femme était stérile, et Dieu lui a demandé de sacrifier pour lui son fils unique…

Quand Jésus dit : Je connais mes brebis et elles me connaissent et je leur donne la vie éternelle, c’est la Foi (c’est au présent). Quand il dit Je vais vous préparer une place afin que là où je suis, vous soyez aussi avec moi, c’est l’Espérance.

L’Espérance relie le chrétien à son avenir avec Dieu (Hé 6.19).

Je donne encore un exemple. Quand Jean écrit (1 Jn 3.2) : Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu – cela est saisi par la Foi (le verbe est au présent). Quand il ajoute : Ce que nous sommes n’a pas encore été manifesté, mais nous savons que lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est – c’est l’Espérance, les verbes sont au futur.

Nous sommes enfants de Dieu, mais nous pouvons être malades, être éprouvés de diverses manières, être troublés parce que ce qui arrive ne correspond pas toujours à ce que nous avons demandé. Alors l’espérance devient nécessaire !

L’Espérance relie le présent du chrétien à son avenir avec Dieu (Hé 6.19).

C’est l’esprit des Béatitudes : Heureux maintenant ! même si le verbe qui suit est au futur. Ils seront consolés. C’est posséder déjà ce qui nous manque encore.

3. Une ancre de l’âme

Pour beaucoup de personnes, même pour des chrétiens, l’Espérance est une réalité abstraite. L’Espérance n’est pas plus abstraite que la foi. Peut-être moins, même, puisqu’elle est appelée une ancre de l’âme, sûre et solide ! Abraham quitta tout et partit (c’était la Foi) car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur (c’était l’Espérance) (Hé 11.10). Il fallait les deux.

Espérant contre toute espérance, Abraham crut, en sorte qu’il devint père d’une multitude de nations. Sans faiblir dans la foi, il ne considéra pas son corps déjà usé… Il ne douta pas, par incrédulité, au sujet de la promesse de Dieu (Ro 4.18-20).

Jésus lui-même a eu besoin des deux. En vue de la joie qui lui était réservée (c’est l’espérance), il a souffert la croix et méprisé la honte (Hé 12.2). Jésus était comme nous sur la terre. L’Espérance de Jésus a fortifié sa foi au moment de la pire épreuve, et c’est ce qui lui a permis de persévérer, de tenir ferme, d’obéir jusqu’au bout.

Voilà un chrétien gravement malade. Que faire ? La Foi s’attend à la grâce de chaque jour et peut-être à la puissance de Dieu qui guérit. C’est le temps court. Et si Dieu n’accorde pas la guérison ? Alors l’Espérance prend le relai et porte ses regards sur la résurrection à venir5. Toutes nos prières ne sont pas exaucées, n’est-ce pas ?

Il peut arriver à chacun de nous de vivre des moments de découragement, où tout ce que nous attendons se dérobe. Le contraire de ce que nous avons demandé dans nos prières !6

Je cite l’apôtre Paul : Si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance (Ro 8.24). Alors, l’espérance éclairera nos visages. Ch.N.

1Pour deux raisons : 1. pour éviter d’être emportés par les courants de pensée qui entrent dans nos maisons et dans nos cerveaux par tous les interstices ; 2. parce que c’est à ce monde-là que nous devons communiquer l’Evangile.

2Dire que la foi ne suffit pas peut paraître choquant. Ne crains pas, crois seulement, dit Jésus au chef de la synagogue dont la fille est malade. Mais cela se passe à un moment précis. Etre guéri, c’est une chose, mais après, il y a encore toute la vie…

3Paul écrit aux Thessaloniciens (qui étaient des chrétiens modèles) : Nous nous rappelons votre Foi active, le travail produit par l’Amour et l’endurance que permet l’Espérance dans le Seigneur (1 Th 1.3). Et il ajoute : Revêtons la cuirasse de la Foi et de l’Amour et ayons pour casque l’Espérance du salut (5.8). Les trois sont indispensables.

4Quand cette espérance d’une postérité s’est voilée, la foi de Sara et d’Abraham a flanché : Abraham est allé vers Agar sa servante pour avoir un fils. Mais ce n’était pas le fils de la promesse…

5Le Dr Jean-Pierre Bénézech (CHU de Montpellier) a écrit : Les Douleurs chroniques, quelle espérance ? Il explique que les personnes qui ont une espérance supportent mieux les douleurs chroniques.

6 Paul écrit : Nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste (2 Co 5.2). Ici, la foi a besoin de l’espérance, cette ancre de l’âme (Hé 6.19).